𝗘𝗣𝗜𝗦𝗢𝗗𝗘 𝟮 — 𝟭𝟲𝟴𝟴-𝟭𝟲𝟵𝟳 : 𝗟𝗘 𝗥𝗘𝗚𝗜𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗗𝗘 𝗟𝗔𝗡𝗚𝗨𝗘𝗗𝗢𝗖 𝗗𝗔𝗡𝗦 𝗟𝗔 𝗚𝗨𝗘𝗥𝗥𝗘 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗟𝗜𝗚𝗨𝗘 𝗗’𝗔𝗨𝗚𝗦𝗕𝗢𝗨𝗥𝗚
Dix ans après la paix de Nimègue, l'Europe reprend les armes. Pour les soldats du régiment de Languedoc, une nouvelle décennie de campagnes commence. Des rives du Rhin aux montagnes des Alpes, jusqu'aux champs de bataille des Flandres, ils vont traverser l'Europe au rythme des sièges et des combats. Mayence, Montmélian, Namur, Steinkerque… autant de lieux qui vont marquer l'histoire de ce régiment, dont l'héritage est aujourd'hui associé à celui de nos Bisons.
𝟭𝟲𝟴𝟴 : 𝗟'𝗘𝗨𝗥𝗢𝗣𝗘 𝗥𝗘𝗣𝗥𝗘𝗡𝗗 𝗟𝗘𝗦 𝗔𝗥𝗠𝗘𝗦
En 1688 débute la guerre de la Ligue d'Augsbourg, également appelée guerre de Neuf Ans. Face à la politique d'expansion de Louis XIV, plusieurs puissances européennes s'unissent progressivement contre la France, notamment le Saint-Empire romain germanique, les Provinces-Unies, l'Espagne et l'Angleterre. Le régiment de Languedoc est alors affecté à la réserve de l'armée d'Allemagne. Pour ses soldats, cette nouvelle campagne marque le retour des opérations militaires sur les frontières orientales du royaume, où le contrôle des places fortes et des passages du Rhin représente un enjeu stratégique majeur.
𝟭𝟲𝟴𝟵 : 𝗟𝗘 𝗦𝗘𝗖𝗢𝗨𝗥𝗦 𝗗𝗘 𝗠𝗔𝗬𝗘𝗡𝗖𝗘
En 1689, le régiment marche au secours de Mayence, importante place forte située sur le Rhin et assiégée par les forces ennemies. Cette opération s'inscrit dans les efforts de l'armée française pour défendre ses positions en Allemagne. La même année, un événement marque l'histoire du régiment. Son colonel, le marquis de Pusignan, parti servir personnellement en Irlande, trouve la mort lors du siège de Londonderry. Le 6 juin 1689, Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, marquis d'Antin, lui succède à la tête du régiment de Languedoc. Sous ce nouveau commandement, les soldats poursuivent leurs campagnes au service de Louis XIV.
1𝟲𝟵𝟭 : 𝗗𝗘𝗦 𝗔𝗟𝗣𝗘𝗦 𝗔𝗨 𝗖𝗢𝗠𝗧𝗘 𝗗𝗘 𝗡𝗜𝗖𝗘
En 1691, le régiment de Languedoc rejoint l'armée engagée dans les Alpes contre les États du duc de Savoie, allié des adversaires de Louis XIV. Il participe aux opérations menées dans la vallée d'Aoste, où le marquis de Parelle est contraint d'abandonner ses positions. Le régiment prend ensuite part à la conquête du comté de Nice, avant de poursuivre sa campagne en Savoie. Il participe notamment au siège de Montmélian, dont la forteresse constitue un important verrou défensif. Au cours de cette opération, le marquis d'Antin, colonel du régiment, est blessé à la tête. Pour les soldats de Languedoc, cette campagne est marquée par les difficultés du terrain montagneux, les déplacements et les opérations contre des positions fortifiées.
𝟭𝟲𝟵𝟮 : 𝗡𝗔𝗠𝗨𝗥 𝗘𝗧 𝗟𝗔 𝗕𝗔𝗧𝗔𝗜𝗟𝗟𝗘 𝗗𝗘 𝗦𝗧𝗘𝗜𝗡𝗞𝗘𝗥𝗤𝗨𝗘
L'année 1692 marque une nouvelle étape dans l'histoire du régiment. Envoyé en Flandre, Languedoc rejoint l'armée française engagée contre les forces de la coalition européenne. Il participe d'abord au siège de Namur, l'une des principales places fortes des Pays-Bas espagnols. Après plusieurs semaines d'opérations, la ville et sa citadelle tombent aux mains des Français en juin 1692, offrant à Louis XIV une victoire importante. Quelques semaines plus tard, le 3 août 1692, le régiment prend part à la bataille de Steinkerque, sur le territoire de l'actuelle Belgique. Ce jour-là, l'armée française, commandée par le maréchal de Luxembourg, est attaquée par les troupes alliées de Guillaume III d'Orange. Les combats sont particulièrement violents. Après plusieurs heures d'affrontements, l'armée française parvient à repousser ses adversaires et remporte la victoire. Le régiment de Languedoc figure parmi les unités engagées dans cette bataille, qui constitue l'un des faits d'armes importants de son histoire sous Louis XIV. Au cours de cette même campagne, il participe également aux opérations de bombardement de Charleroi.
𝟭𝟲𝟵𝟯-𝟭𝟲𝟵𝟰 : 𝗗𝗨 𝗥𝗛𝗜𝗡 𝗔𝗨𝗫 𝗣𝗔𝗬𝗦-𝗕𝗔𝗦
Le 12 juin 1693, le régiment quitte les Flandres pour rejoindre l'armée du Rhin. La guerre se poursuit sur plusieurs fronts et les régiments français sont régulièrement déplacés en fonction des opérations militaires. En 1694, Languedoc revient aux Pays-Bas, où il séjourne notamment au camp de Charleroi. Ces années sont marquées par les mouvements de troupes, la surveillance des positions et la préparation de nouvelles opérations. Pour les soldats, la guerre ne se résume pas aux grandes batailles. Elle est également faite de longues marches, de changements de garnison, de conditions de vie difficiles et de longues périodes passées loin de leur province d'origine.
𝟭𝟲𝟵𝟱 : 𝗟𝗘 𝗕𝗢𝗠𝗕𝗔𝗥𝗗𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗗𝗘 𝗕𝗥𝗨𝗫𝗘𝗟𝗟𝗘𝗦
En août 1695, le régiment de Languedoc participe aux opérations de l'armée française devant Bruxelles. Sous les ordres du maréchal de Villeroy, les troupes françaises bombardent la ville du 13 au 15 août. Les tirs d'artillerie provoquent de nombreux incendies et détruisent une grande partie du centre historique de Bruxelles. Cet événement demeure l'un des épisodes les plus destructeurs de la guerre de la Ligue d'Augsbourg. Il rappelle que les conflits de cette époque ne se déroulent pas uniquement sur les champs de bataille : les villes et leurs habitants subissent également les conséquences des opérations militaires.
𝟭𝟲𝟵𝟲-𝟭𝟲𝟵𝟳 : 𝗟𝗘𝗦 𝗗𝗘𝗥𝗡𝗜𝗘𝗥𝗘𝗦 𝗖𝗔𝗠𝗣𝗔𝗚𝗡𝗘𝗦
En 1696, le régiment de Languedoc effectue sa campagne à Pottes, sur les bords de l'Escaut. L'année suivante, il sert sur la Meuse, sous les ordres du maréchal de Boufflers. Après neuf années de guerre, les puissances européennes s'engagent progressivement dans des négociations de paix. Les traités de Ryswick, signés en 1697, mettent fin au conflit. Le régiment est alors envoyé en garnison à Nancy, où il participe aux travaux de démolition des fortifications. Pour ses soldats, cette nouvelle affectation marque la fin d'une décennie de campagnes militaires à travers l'Europe.
𝗨𝗡 𝗛𝗘𝗥𝗜𝗧𝗔𝗚𝗘 𝗤𝗨𝗜 𝗧𝗥𝗔𝗩𝗘𝗥𝗦𝗘 𝗟𝗘𝗦 𝗦𝗜𝗘𝗖𝗟𝗘𝗦
De Mayence à Montmélian, de Namur à Steinkerque, le régiment de Languedoc a participé à plusieurs grandes opérations militaires de la fin du XVIIe siècle. Pendant près de dix ans, ses soldats ont parcouru différents territoires européens, affronté les difficultés des campagnes et pris part aux combats menés par les armées de Louis XIV. Ces événements appartiennent à l'histoire du régiment de Languedoc, dont une partie de l'héritage historique sera plus tard associée aux traditions du 126e régiment d'infanterie. À travers ces hommes et leurs campagnes, nous poursuivons notre découverte des origines de nos Bisons.
𝗦𝗢𝗨𝗥𝗖𝗘𝗦 𝗛𝗜𝗦𝗧𝗢𝗥𝗜𝗤𝗨𝗘𝗦
• Général Louis Susane, Histoire de l'ancienne infanterie française, tome VI, 1876, historique du régiment de Languedoc.
• Historique du 126e régiment d'infanterie depuis sa formation jusqu'en 1919, Brive, Imprimerie de « La République », 1920.
• Kronoskaf, Languedoc Infanterie, historique des campagnes du régiment.

