𝗘𝗣𝗜𝗦𝗢𝗗𝗘 𝟭 — 𝟭𝟲𝟳𝟮-𝟭𝟲𝟳𝟴 : 𝗔𝗨𝗫 𝗢𝗥𝗜𝗚𝗜𝗡𝗘𝗦 𝗗𝗘 𝗡𝗢𝗦 𝗕𝗜𝗦𝗢𝗡𝗦
Pour découvrir l'histoire du 126e régiment d'infanterie, il faut remonter plus de trois siècles en arrière, bien avant son installation à Brive-la-Gaillarde, bien avant qu'il ne porte le numéro 126 et le surnom de « Bisons ». Notre voyage commence en 1672, sous le règne de Louis XIV, à une époque où la France est engagée dans de nombreux conflits européens.
𝗠𝗔𝗥𝗦 𝟭𝟲𝟳𝟮 — 𝗟𝗔 𝗡𝗔𝗜𝗦𝗦𝗔𝗡𝗖𝗘 𝗗𝗨 𝗥𝗘́𝗚𝗜𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗗𝗘 𝗟𝗔𝗡𝗚𝗨𝗘𝗗𝗢𝗖
Le 20 mars 1672, une ordonnance royale donne naissance au régiment de Languedoc. Il est constitué à partir de treize compagnies issues du régiment Royal-Roussillon, auxquelles s'ajoutent des compagnies de garnison chargées de la garde des places du Languedoc. Le nouveau régiment prend le nom de cette grande province du sud du royaume de France.À cette époque, les régiments ne portent pas encore les numéros que nous connaissons aujourd'hui. Ils sont généralement désignés par le nom d'une province ou de leur colonel. Le régiment de Languedoc appartient aux anciennes formations militaires auxquelles se rattache l'histoire traditionnelle du 126e RI.
𝗟𝗔 𝗩𝗜𝗘 𝗗𝗘𝗦 𝗣𝗥𝗘𝗠𝗜𝗘𝗥𝗦 𝗦𝗢𝗟𝗗𝗔𝗧𝗦
Au XVIIe siècle, la vie d'un fantassin est particulièrement éprouvante. Les soldats parcourent de longues distances à pied, transportant leurs armes et leur équipement. Les routes sont difficiles, les marches fatigantes et les conditions de vie souvent précaires. Le froid, les maladies et le manque de nourriture représentent des dangers permanents. Leur armement comprend notamment des mousquets, de longues armes à feu considérées comme les ancêtres de nos fusils. Contrairement aux armes modernes, le mousquet se charge par l'avant du canon : le soldat doit y introduire de la poudre, puis une balle de plomb, avant de préparer le mécanisme de mise à feu. Ces manipulations prennent du temps et rendent le rechargement particulièrement lent.Les fantassins utilisent également des piques, de longues armes munies d'une pointe métallique, ainsi que des épées. Sur les champs de bataille, les hommes combattent en formations serrées, où la discipline et la cohésion sont essentielles. Derrière les grandes batailles et les noms des chefs militaires restés dans l'histoire, ce sont avant tout ces soldats qui font vivre le régiment, partageant les mêmes marches, les mêmes épreuves et les mêmes dangers.
𝟭𝟲𝟳𝟯 — 𝗟𝗘𝗦 𝗣𝗥𝗘𝗠𝗜𝗘̀𝗥𝗘𝗦 𝗖𝗔𝗠𝗣𝗔𝗚𝗡𝗘𝗦 𝗘𝗡 𝗔𝗟𝗟𝗘𝗠𝗔𝗚𝗡𝗘
À peine constitué, le régiment de Languedoc prend part aux opérations militaires du règne de Louis XIV, alors que la guerre de Hollande, commencée en 1672, s'étend progressivement à une grande partie de l'Europe. À la fin de l'année 1672, le régiment compte vingt compagnies. En 1673, le régiment de Languedoc participe aux opérations militaires menées par l'armée française en Allemagne. Ces premières années marquent le début de son expérience militaire.
𝟭𝟲𝟳𝟰 — 𝗟𝗔 𝗕𝗔𝗧𝗔𝗜𝗟𝗟𝗘 𝗗𝗘 𝗦𝗜𝗡𝗦𝗛𝗘𝗜𝗠 𝗦𝗢𝗨𝗦 𝗧𝗨𝗥𝗘𝗡𝗡𝗘
En 1674, le régiment poursuit ses engagements en Allemagne, sous les ordres du maréchal de Turenne. Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne (1611-1675), est l'un des plus célèbres chefs militaires du règne de Louis XIV. Nommé maréchal de France en 1643, il se distingue par son expérience, son sens de la stratégie et sa capacité à manœuvrer ses troupes sur le terrain. Le 16 juin 1674, le régiment de Languedoc participe à la bataille de Sinsheim, en Allemagne. Le premier bataillon est engagé dans les combats contre les forces impériales. Après de violents affrontements, les troupes françaises remportent la victoire. Cette bataille constitue l'un des premiers faits d'armes du régiment relatés dans les historiques anciens.
𝟭𝟲𝟳𝟱 — 𝗟𝗘 𝗖𝗢𝗠𝗕𝗔𝗧 𝗗𝗘 𝗦𝗔𝗟𝗭𝗕𝗔𝗖𝗛 𝗘𝗧 𝗟𝗔 𝗠𝗢𝗥𝗧 𝗗𝗘 𝗧𝗨𝗥𝗘𝗡𝗡𝗘
La guerre se poursuit sur les frontières orientales du royaume. Le 5 janvier 1675, le maréchal de Turenne remporte la bataille de Turckheim, en Alsace, après une remarquable campagne hivernale contre les armées coalisées. Quelques mois plus tard, le 27 juillet 1675, les troupes françaises et impériales se font face près de Salzbach, en Allemagne. Alors qu'il reconnaît les positions ennemies, Turenne est mortellement frappé par un boulet de canon. Sa disparition marque profondément l'armée française et met brutalement fin à la carrière de l'un des plus célèbres chefs militaires de Louis XIV.Cette même année, le régiment de Languedoc est porté à trente compagnies, réparties en deux bataillons.
𝟭𝟲𝟳𝟴 — 𝗩𝗘𝗥𝗦 𝗟𝗔 𝗙𝗜𝗡 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗚𝗨𝗘𝗥𝗥𝗘 𝗗𝗘 𝗛𝗢𝗟𝗟𝗔𝗡𝗗𝗘
Après plusieurs années de combats, les traités de Nimègue, conclus à partir de 1678, mettent progressivement fin à la guerre de Hollande. Ces accords modifient l'équilibre politique et territorial de l'Europe.Pour le régiment de Languedoc, ces premières années ont déjà été marquées par les campagnes militaires, les marches et les difficultés de la vie des soldats. Mais son histoire ne fait que commencer : d'autres guerres et d'autres campagnes l'attendent au cours des décennies suivantes.
𝗨𝗡 𝗛𝗘́𝗥𝗜𝗧𝗔𝗚𝗘 𝗧𝗥𝗔𝗡𝗦𝗠𝗜𝗦 𝗔̀ 𝗧𝗥𝗔𝗩𝗘𝗥𝗦 𝗟𝗘𝗦 𝗦𝗜𝗘̀𝗖𝗟𝗘𝗦
En 1672, personne ne pouvait imaginer que l'histoire de ces premiers soldats serait un jour associée à celle des Bisons de Brive-la-Gaillarde. Au fil des siècles, les guerres, les changements de régime et les réorganisations de l'armée française transformeront profondément les unités militaires. Le numéro 126 apparaîtra bien plus tard, pendant la Révolution française. Il ne s'agit donc pas d'un régiment resté inchangé depuis 1672, mais d'une histoire faite de filiations, de traditions et de mémoire. Plus de trois cents ans nous séparent de ces hommes. Leurs uniformes, leurs armes et leurs conditions de vie étaient bien différents de ceux des militaires d'aujourd'hui. Pourtant, grâce aux archives et aux récits historiques, nous pouvons retrouver leurs traces et mieux comprendre les origines de nos Bisons. C'est cette histoire que je souhaite partager avec vous, épisode après épisode, pour faire découvrir les hommes, les traditions et les grandes pages du 126e régiment d'infanterie.
𝗦𝗢𝗨𝗥𝗖𝗘𝗦 𝗛𝗜𝗦𝗧𝗢𝗥𝗜𝗤𝗨𝗘𝗦
• Général Louis Susane, Histoire de l'ancienne infanterie française, tome VI, 1876, historique du régiment de Languedoc.
• Historique du 126e régiment d'infanterie depuis sa formation jusqu'en 1919, Brive, Imprimerie de « La République », 1920.
• Kronoskaf, Languedoc Infanterie, historique des campagnes du régiment.

